L’hystérosalpingographie est un examen radiologique gynécologique qui fait partie des bilans de fertilité les plus prescrits en France. Redoutée par certaines patientes, souvent mal comprise, cette exploration reste pourtant indispensable dans de nombreuses situations cliniques. Démystifier son déroulement, comprendre à quoi servent les instruments impliqués et savoir à quoi s’attendre le jour J permet d’aborder cet examen avec beaucoup plus de sérénité.
Qu’est-ce que l’hystérosalpingographie ?
L’hystérosalpingographie, couramment abrégée HSG, est un examen qui permet de visualiser l’intérieur de l’utérus et la perméabilité des trompes de Fallope grâce à l’injection d’un produit de contraste iodé. Elle est réalisée sous contrôle radiologique ou scopique, et dure en général entre dix et vingt minutes. Pour accéder à la cavité utérine et injecter le produit, le radiologue ou gynécologue utilise un cathéter hystérosalpingographie 5F, un instrument fin et souple spécialement conçu pour franchir le col de l’utérus avec un minimum d’inconfort pour la patiente.
Cet examen est le plus souvent prescrit dans le cadre d’un bilan d’infertilité du couple, mais il peut également être demandé pour explorer une suspicion de malformation utérine, rechercher des synéchies (adhérences internes), ou encore contrôler la bonne position d’un stérilet.

Dans quels cas est-il prescrit ?
Les indications de l’hystérosalpingographie sont nombreuses et bien codifiées par les recommandations de la Haute Autorité de Santé. On la retrouve principalement dans les situations suivantes :
- Bilan d’infertilité primaire ou secondaire, pour vérifier que les trompes ne sont pas obstruées
- Suspicion de malformation congénitale de l’utérus (utérus bicorne, septé ou en T)
- Fausses couches répétées inexpliquées, afin d’écarter une cause anatomique
- Contrôle après une ligature des trompes ou une chirurgie utérine
- Bilan avant une tentative de fécondation in vitro, pour optimiser les chances de succès
- Exploration de saignements utérins anormaux persistants
Dans tous ces cas, l’HSG apporte des informations anatomiques que l’échographie seule ne peut pas toujours fournir, notamment sur la perméabilité tubaire.
Comment se déroule l’examen concrètement ?
L’hystérosalpingographie est réalisée entre le cinquième et le douzième jour du cycle menstruel, en dehors de toute période de saignement et après exclusion d’une grossesse en cours. La patiente est installée en position gynécologique sur une table de radiologie. Le praticien commence par un examen du col à l’aide d’un spéculum, puis introduit le cathéter dans la cavité utérine.
Le cathéter 5F utilisé pour cet examen est un tube très fin dont le diamètre de 5 French (soit environ 1,67 mm) a été pensé pour minimiser la douleur lors du franchissement du col. Il est équipé d’un ballonnet gonflable ou d’un système de fixation qui maintient l’étanchéité pendant l’injection du produit de contraste. Une fois le cathéter en place, le produit iodé est injecté lentement et des clichés radiologiques sont pris en temps réel pour suivre la progression du liquide dans l’utérus et les trompes.
L’examen est terminé en quelques minutes. La patiente peut ressentir des crampes similaires à des douleurs menstruelles pendant et juste après l’injection, ce qui est tout à fait normal. La prise d’un antalgique comme l’ibuprofène une heure avant l’examen est souvent recommandée pour réduire ces désagréments.
Que peut-on voir sur les images obtenues ?
Les clichés obtenus lors de l’HSG permettent au radiologue d’analyser plusieurs éléments clés :
La cavité utérine apparaît normalement en forme de triangle inversé, régulière et symétrique. Toute irrégularité du contour peut évoquer un polype, un fibrome sous-muqueux ou une synéchie. Les trompes, quant à elles, se remplissent progressivement du produit de contraste : leur perméabilité est confirmée lorsque le liquide s’écoule librement dans la cavité abdominale au niveau des pavillons tubaires, ce que l’on appelle le « déversement péritonéal ».
En cas d’obstruction, le produit ne dépasse pas le point de blocage. La localisation de cette obstruction (au niveau de la jonction utérotubaire, dans la portion interstitielle ou dans la portion distale de la trompe) oriente la prise en charge thérapeutique, qu’il s’agisse d’une cœlioscopie ou d’une recanalisation tubaire.

Quelles sont les précautions à prendre avant et après l’examen ?
Avant l’hystérosalpingographie, le médecin prescripteur vérifie systématiquement l’absence de contre-indications : infection génitale active, allergie connue aux produits iodés, grossesse en cours ou insuffisance rénale sévère. Un bilan infectieux préalable (prélèvement vaginal) est souvent demandé afin d’éviter tout risque de diffusion d’une infection lors de l’examen.
Après l’examen, il est normal de constater de légères pertes de produit de contraste et de petits saignements pendant un à deux jours. Une légère fièvre dans les heures qui suivent doit en revanche amener à consulter rapidement, car elle peut signaler une infection. Il est conseillé d’éviter les rapports sexuels et les bains pendant quarante-huit heures après l’examen.
Pour les patientes qui ont vécu d’autres expériences avec des dispositifs médicaux intracavitaires, comme la pose d’une sonde urétérale, la logique de précaution est similaire : un dispositif médical bien toléré s’accompagne toujours d’un suivi attentif dans les jours qui suivent. Nous avons d’ailleurs détaillé la gestion de la douleur liée à ce type de dispositif dans notre dossier sur la sonde JJ.
L’HSG est-elle douloureuse ?
C’est la question que toutes les patientes posent avant d’entrer en salle d’examen. La réponse honnête est : cela dépend. La tolérance varie d’une femme à l’autre, et surtout d’un praticien à l’autre. Les facteurs qui influencent l’inconfort sont la sensibilité du col utérin, la qualité du matériel utilisé (un cathéter 5F bien lubrifié est nettement moins inconfortable qu’un instrument plus rigide), la vitesse d’injection et l’expérience de l’opérateur.
La grande majorité des patientes décrit des douleurs de type crampe, intenses mais brèves, qui disparaissent rapidement après la fin de l’injection. Un petit nombre de femmes, notamment celles dont le col est très étroit ou qui présentent une sensibilité particulière, peuvent ressentir une douleur plus marquée. Dans ces cas, certaines équipes proposent une prémédication plus renforcée ou une courte sédation consciente.
Retenez que l’hystérosalpingographie reste un examen ambulatoire, sans anesthésie générale, et que la quasi-totalité des patientes rentrent chez elles par leurs propres moyens dans l’heure qui suit.







