L’écarteur de palais, aussi appelé disjoncteur, élargit le palais et les structures du nez. Chez l’enfant qui respire par la bouche, deux travaux brésiliens décrivent son effet sur la respiration.
Respirer par la bouche peut pourtant devenir une habitude, même sans obstruction nasale. Entre l’écarteur de palais et la respiration par le nez, une rééducation oro-faciale peut aussi trouver sa place.
Que change l’écarteur de palais pour la respiration ?
Une revue de 2021 relève une amélioration de la respiration buccale à court terme. Une étude de 2025 observe, sur huit ans, un élargissement maintenu et une résistance nasale en baisse.
Ces travaux de l’université de Campinas parlent d’expansion rapide du maxillaire. Ils portent sur des enfants et adolescents qui respirent par la bouche :
| Critère | Revue systématique (2021) | Étude de suivi (2025) |
| Structures élargies | Arcades dentaires, structures du nez et du maxillaire | Arrière du maxillaire, élargissement maintenu |
| Effet sur la respiration | Respiration buccale améliorée | Résistance nasale à l’inspiration en baisse |
| Horizon observé | Court terme | Huit ans de suivi |
| Long terme | Bénéfices non démontrés à cette date | Effets maintenus pendant le suivi |
L’étude de 2025 rappelle que respirer par la bouche peut devenir une habitude, même sans obstruction nasale.
À quoi sert une rééducation de la respiration en plus de l’écarteur ?
Selon l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA), la rééducation oro-faciale vise à réduire la respiration buccale. Elle cherche aussi à corriger la posture de la langue et à améliorer la tonicité musculaire.
Orthodontie Dian, cabinet d’orthodontie à Etterbeek (Bruxelles), indique travailler « en étroite collaboration » avec une logopède (orthophoniste en France) pour apprendre à l’enfant « à bien respirer par le nez et non par la bouche ». Son site rattache cette collaboration à l’orthodontie fonctionnelle. Un de ses orthodontistes s’est formé, en plus de l’orthodontie, à la rééducation myofonctionnelle, selon sa page d’équipe.
Comment se déroule la rééducation de la respiration buccale ?
Elle associe un apprentissage et des exercices quotidiens, selon un mémoire d’orthophonie soutenu en 2024 à l’université de Franche-Comté.
Ce mémoire, une revue systématique, réunit sept articles sur la prise en soin orthophonique de la respiration buccale. Il en retient trois étapes :
- la prise de conscience de l’anatomie et de la respiration physiologique (normale) ;
- l’éducation thérapeutique ;
- des exercices fonctionnels quotidiens, qui concernent le nez, les lèvres et la langue.
Pour l’AFPA, la rééducation oro-faciale s’inscrit dans une approche dite oro-myofonctionnelle. Celle-ci vise à restaurer des fonctions adaptées, pour la respiration comme pour la bouche et le visage.

Qui intervient autour de l’enfant qui respire par la bouche ?
Plusieurs professionnels peuvent être concernés, dont l’orthodontiste et l’orthophoniste. La respiration buccale nécessite une prise en soin pluridisciplinaire et adaptée, selon un mémoire d’orthophonie de 2024.
Ce même travail la décrit comme un trouble qui touche un grand nombre de personnes. Côté rééducation, l’AFPA cite certains orthophonistes et kinésithérapeutes formés à la rééducation oro-faciale.
Côté orthodontie, le cabinet Orthodontie Dian consacre un guide aux parents sur l’appareil au palais. Publié en février 2026, il décrit l’expanseur palatin, les raisons médicales de sa pose et son déroulement au quotidien.
L’Assurance Maladie prend en charge à 60 % les séances d’orthophonie en cabinet de ville, sur prescription médicale.
Dans quels cas la prise en charge devient-elle urgente ?
L’AFPA traite la question pour les troubles respiratoires obstructifs (TROS). Quand ils ont des répercussions en journée, notamment scolaires, leur prise en charge doit être urgente.
Son article, paru en mars 2026 dans la revue Pédiatrie Ambulatoire, reprend la communication d’une kinésithérapeute bordelaise. Il porte sur la place de la rééducation oro-faciale dans ces troubles. Pour les TROS, l’association ajoute :
- un bilan fonctionnel précoce permettrait d’orienter plus vite la stratégie thérapeutique ;
- cette stratégie peut être ORL, orthodontique, rééducative ou combinée ;
- peu de praticiens sont formés à cette prise en charge ;
- leur répartition sur le territoire est très inégale.
Ce qu’il faut retenir
L’écarteur de palais agit sur la forme du palais et du nez, avec un effet documenté sur la respiration. Une étude de 2025 souligne son intérêt chez les respirateurs buccaux au maxillaire étroit. La respiration par la bouche peut, elle, devenir une habitude, même sans obstruction nasale.
La rééducation oro-faciale, assurée par certains orthophonistes et kinésithérapeutes formés, vise à réduire cette respiration buccale. Elle passe par des exercices quotidiens et demande un investissement important, famille comprise. Pour les troubles respiratoires obstructifs, l’AFPA décrit une stratégie qui peut être combinée.
Questions fréquentes
Pourquoi un enfant respire-t-il par la bouche ?
Un enfant peut respirer par la bouche de façon passagère ou chronique. Une étude d’un service d’ORL brésilien, publiée en 2025, le rappelle. Chez l’enfant et l’adolescent, ses principales causes comprennent une rhinite allergique qui résiste au traitement médical. L’étude cite aussi l’augmentation de volume des végétations, ou amygdales pharyngées. Cette respiration peut enfin devenir une habitude, même sans obstruction nasale.
Un orthodontiste peut-il travailler avec un orthophoniste ?
Un orthodontiste peut travailler avec un orthophoniste, appelé logopède en Belgique. Selon un mémoire d’orthophonie de 2024, la respiration buccale nécessite une prise en soin pluridisciplinaire. À Bruxelles, Orthodontie Dian indique ainsi travailler « en étroite collaboration » avec une logopède (orthophoniste en France) pour apprendre à l’enfant « à bien respirer par le nez et non par la bouche ».
La rééducation demande-t-elle un effort à la famille ?
Oui, la rééducation de la respiration buccale demande un effort à la famille. Elle implique un investissement important, pour le patient comme pour son entourage familial. Le mémoire d’orthophonie qui le relève, soutenu en 2024 à Besançon, décrit des exercices fonctionnels quotidiens. Ils concernent le nez, les lèvres et la langue.
Sources
- Association Française de Pédiatrie Ambulatoire – TROS. Place de la rééducation oro-faciale dans les troubles respiratoires obstructifs, Pédiatrie Ambulatoire n°330 (2026) : https://afpa.org/pediatre-en-ligne/place-de-la-reeducation-oro-faciale-dans-les-troubles-respiratoires-obstructifs/
- Université de Franche-Comté, Centre de formation universitaire en orthophonie – Revue systématique de la littérature : la prise en soin orthophonique de la respiration buccale, mémoire d’orthophonie (2024) : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04994091v1
- Journal of Clinical and Experimental Dentistry, Universidade Estadual de Campinas – Impact of rapid maxillary expansion on mouth-breathing children and adolescents: A systematic review (2021) [EN] : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8715551/
- Korean Journal of Orthodontics, State University of Campinas – Long-term structural and functional nasomaxillary evolution of children with mouth-breathing after rapid maxillary expansion: An 8-year follow-up study (2025) [EN] : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11922636/
- Assurance Maladie – Prise en charge médicale et rééducation des troubles du langage oral de l’enfant (2024) : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/trouble-expression-langage-oral-enfant/traitement







