Votre chirurgien évoque une prothèse de genou, et une question arrive aussitôt : totale ou partielle ? La réponse dépend avant tout de l’étendue de l’usure dans votre genou.
Que voit le chirurgien quand il regarde votre genou ?
Le genou comprend trois zones, que les médecins appellent des compartiments. L’une se trouve à l’intérieur du genou, une autre à l’extérieur. La troisième est à l’avant, là où la rotule glisse contre le fémur. Du cartilage recouvre l’os dans chacune de ces zones, et l’arthrose, c’est-à-dire l’usure de ce cartilage, peut en toucher une seule ou plusieurs.
Lorsque la kinésithérapie ou les infiltrations ne soulagent plus assez, une prothèse de genou peut être envisagée. Le type de prothèse se décide ensuite sur un seul critère de départ, le nombre de zones abîmées.
Pour le savoir, le chirurgien commence par vous demander où vous avez mal. Une douleur située presque entièrement d’un côté du genou oriente vers une prothèse partielle. Une douleur dans tout le genou oriente plutôt vers une prothèse totale. L’examen du genou et les radiographies précisent ensuite ce que la douleur laisse supposer.
Une zone usée ou trois, ce qui change l’opération
La prothèse partielle remplace une seule zone du genou, le plus souvent l’intérieur. Son nom médical est prothèse unicompartimentale. La prothèse totale, elle, recouvre les surfaces du fémur et du tibia dans toutes les zones, avec des pièces en métal et en plastique.
Que vous consultiez un chirurgien orthopédiste à Paris ou ailleurs, le raisonnement reste le même. Si l’usure ne touche qu’un côté du genou, la partielle est possible. Dès que l’arthrose atteint deux ou trois zones, elle ne l’est plus, et seule la prothèse totale remplace tous les cartilages usés.
Une seule zone atteinte ne suffit pas toujours. Une arthrose liée à une maladie inflammatoire exclut la partielle, tout comme une grande raideur du genou. Des ligaments abîmés vont dans le même sens.

Que garde-t-on avec une prothèse partielle ?
Elle laisse en place l’os et le cartilage sains, ainsi que tous les ligaments. L’incision est plus petite et la quantité d’os retirée est moindre. Le séjour à l’hôpital est souvent plus court, avec moins de douleur et de saignement.
Beaucoup de patients décrivent un genou au mouvement plus naturel qu’après une prothèse totale. Cet avantage compte, car l’intervention vise à réduire la douleur et à rendre de la mobilité à un genou dont l’usure gêne la marche, parfois jusqu’au repos.
Pendant l’opération, le chirurgien explore les trois zones pour confirmer que les ligaments sont intacts et que l’usure est bien limitée. Si ce n’est pas le cas, il peut poser une prothèse totale à la place, et il en discute avec vous avant l’intervention.
Pourquoi la prothèse partielle peut conduire à une seconde opération
Elle ne traite que la zone choisie. Si l’arthrose gagne ensuite une zone non remplacée, une prothèse totale peut devenir nécessaire. C’est le principal inconvénient de la partielle.
Les données ne sont pas unanimes sur sa durée de vie. Selon les cas, on la juge moins durable que la totale, ou on observe de bons résultats à long terme lorsque l’indication est bien posée. Elle est aussi jugée moins adaptée aux personnes jeunes et très actives.
Ce que la prothèse totale règle plus largement
Quand la douleur occupe tout le genou, la totale traite toutes les zones en une seule fois. L’intervention est plus étendue que pour la partielle. Elle dure plus longtemps, et la convalescence aussi.
Une prothèse ne dure pas indéfiniment, quel que soit son type. Les pièces s’usent avec le temps, et une nouvelle opération reste possible, bien qu’elle soit plus complexe que la première.
Les complications sont rares. Les plus connues sont les caillots dans les veines des jambes et l’infection, que des médicaments préventifs et des antibiotiques limitent. Après la guérison, les sauts et les sports qui exposent aux chutes, comme le ski, sont en général déconseillés.
Ce que vous pouvez préparer avant la consultation
Repérez avec précision l’endroit de votre douleur. Dites si elle touche un côté du genou ou le genou entier, car cette information guide déjà le choix.
Vous pouvez apporter les radiographies déjà réalisées. Le chirurgien peut en demander de nouvelles si leur précision est insuffisante pour planifier la pose.
Demandez si une prothèse partielle est envisageable dans votre cas et ce qui l’écarterait. Demandez aussi combien d’interventions de ce type le chirurgien réalise et quels résultats il observe. Seul un examen de votre genou permet de trancher entre les deux prothèses.







