Personne utilisant un masque CPAP (PPC)

Douleur thoracique avec un appareil d’apnée du sommeil : est-ce grave ?

Vous utilisez une machine à Pression Positive Continue (PPC, ou CPAP) pour votre apnée du sommeil, mais vous ressentez une douleur thoracique, une gêne ou une pression dans la poitrine. Cette sensation est-elle normale ? C’est une situation anxiogène qui ne doit jamais être ignorée. Si la cause est souvent bénigne et liée à l’appareil, une douleur thoracique doit toujours être prise au sérieux.

Les infos à retenir

  • 💨 La cause N°1 (bénigne) : l’aérophagie. La pression de l’air vous force à « avaler de l’air » (aérophagie). Les gaz accumulés dans l’estomac et l’œsophage peuvent provoquer une douleur qui imite une douleur thoracique.
  • 🚨 L’urgence à écarter : le problème cardiaque. Les personnes souffrant d’apnée du sommeil ont un risque cardiovasculaire plus élevé. Une douleur thoracique ne doit jamais être prise à la légère.
  • 🔧 La piste du réglage : Une pression de la machine trop élevée ou un masque mal ajusté sont les causes les plus fréquentes d’aérophagie et d’inconfort musculaire.
  • 🩺 Le réflexe : consulter. Ne restez pas avec ce doute. Parlez-en immédiatement à votre médecin ou pneumologue pour écarter une cause cardiaque et ajuster les réglages de votre appareil.

Quelles sont les causes bénignes liées à l’appareil ?

Dans la majorité des cas, la douleur n’est pas cardiaque, mais mécanique ou digestive, directement causée par le flux d’air.

L’aérophagie (air dans l’estomac)

C’est la cause de loin la plus fréquente. La machine envoie de l’air sous pression. Si la pression est un peu trop forte ou si vous êtes stressé, vous avalez cet air, qui finit dans votre estomac. Cette accumulation de gaz provoque des ballonnements importants, des rots, et une pression sur le diaphragme et le plexus solaire. Cette douleur gazeuse, très intense, peut être facilement confondue avec une douleur cardiaque.

Les douleurs musculo-squelettiques

Le port du masque et la gêne respiratoire peuvent vous faire adopter une mauvaise position de sommeil. Vous pouvez développer des tensions au niveau du sternum, des côtes ou des muscles intercostaux. Cette douleur musculaire sera sensible au toucher et augmentera avec certains mouvements, ce qui n’est pas le cas d’une douleur cardiaque.

Quand faut-il s’inquiéter d’une cause cardiaque ?

C’est le point de vigilance absolu. L’apnée du sommeil non traitée est un facteur de risque majeur pour l’hypertension, l’infarctus et l’AVC. Une douleur thoracique DOIT être considérée comme une urgence cardiaque jusqu’à preuve du contraire.
Appelez les secours (15 ou 112) si votre douleur thoracique :
– Est brutale, intense, et « serre » comme dans un étau.
Irradie dans le bras gauche, l’épaule, ou la mâchoire.
– S’accompagne d’un essoufflement, de sueurs froides ou de palpitations.
Ne prenez aucun risque. Il vaut mieux déranger les urgences pour rien que d’ignorer un infarctus.


Que faire pour résoudre le problème ?

Une fois l’urgence cardiaque écartée par un médecin, la solution est de revoir les réglages de votre appareil. N’essayez pas de les modifier vous-même. Prenez rendez-vous avec votre pneumologue ou le prestataire de service qui vous a fourni la machine. La douleur est un signe que la pression est peut-être trop élevée. Il pourra l’ajuster. Parfois, l’utilisation d’une machine « auto-pilotée » (qui adapte la pression à votre respiration) ou la simple activation d’une fonction de « rampe » (qui augmente la pression progressivement) suffit à régler le problème d’aérophagie.

L’avis du pneumologue

« Un patient sous PPC qui m’appelle pour une douleur thoracique, c’est un ‘code rouge’ jusqu’à ce que j’aie un électrocardiogramme. Si l’ECG est bon, alors seulement, on s’intéresse à la machine. 9 fois sur 10, c’est de l’aérophagie. Le patient se plaint d’un ventre de tambour le matin. C’est un simple problème de réglage de pression. Mais on ne prend jamais, jamais, ce symptôme à la légère. »


Ne restez pas seul avec cette douleur

Une douleur thoracique n’est jamais normale, même sous PPC. Votre premier appel doit être pour votre médecin, afin d’écarter le risque cardiaque. Une fois cette piste écartée, votre second appel sera pour votre prestataire, afin d’adapter les réglages de votre appareil et de retrouver des nuits confortables. Ne subissez pas cette douleur, des solutions existent.


Foire Aux Questions (FAQ)

🤔 Puis-je juste arrêter le traitement si j’ai mal ?

Non, c’est une très mauvaise idée. L’arrêt brutal du traitement vous expose à nouveau aux risques de l’apnée du sommeil (somnolence, risques cardiovasculaires…). La solution n’est pas d’arrêter, mais d’adapter le traitement en consultant.

💨 J’ai l’impression d’avaler de l’air, comment l’éviter ?

En plus de faire régler la pression, essayez de dormir en position légèrement surélevée (avec un oreiller supplémentaire). Évitez de manger et de boire des boissons gazeuses juste avant de vous coucher.

➡️ Mon masque peut-il être en cause ?

Oui. Un masque mal ajusté ou inadapté (par exemple, un masque nasal si vous respirez par la bouche) peut vous forcer à mal respirer et contribuer à l’inconfort. Parlez-en à votre prestataire, il existe des dizaines de modèles différents.

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