papa et maman avec bébé

Bébé pleure avec maman et pas avec papa : Comprendre ce rejet apparent

C’est une situation déroutante, épuisante et souvent culpabilisante. Vous passez votre journée à répondre aux besoins de votre enfant, à le nourrir, le changer, le câliner. Et pourtant, dès qu’il est dans vos bras le soir, il se tend, hurle et semble inconsolable. À l’inverse, dès que papa le prend, le calme revient presque instantanément. Si la phrase « bébé pleure avec maman et pas avec papa » résonne en vous, sachez que vous n’êtes pas seule. Ce phénomène n’est pas un rejet, mais une réponse physiologique et émotionnelle complexe liée à l’attachement.

Les infos à retenir

  • 😭 Théorie de la décharge : Bébé se sent suffisamment en sécurité avec sa figure d’attachement principale pour relâcher toutes les tensions accumulées la journée.
  • 👃 Confusion olfactive : L’odeur de la mère (et du lait) peut stimuler l’appétit ou le besoin de succion, créant une frustration si bébé n’est pas nourri.
  • Transmission du stress : Les neurones miroirs du bébé captent l’anxiété maternelle. Si vous appréhendez ses pleurs, votre corps se tend, et bébé réagit à cette tension.
  • Une phase normale : Ce comportement est typique des 3 premiers mois et s’estompe avec l’autonomie motrice de l’enfant.

La sécurité affective : Le paradoxe du « vase qui déborde »

Contrairement aux apparences, ces pleurs exclusifs sont souvent un signe de grande confiance. Les psychologues expliquent que le bébé accumule des milliers de stimuli (bruits, lumières, sensations) tout au long de la journée. Il fait des efforts considérables pour s’adapter. Lorsqu’il retrouve le cocon maternel, considéré comme son refuge ultime, il s’autorise à « lâcher prise ». C’est la fameuse décharge émotionnelle. Il ne pleure pas contre vous, mais auprès de vous. Il évacue son stress là où il se sent le plus en sécurité. Avec le père, ou des étrangers, il peut rester dans une posture d’observation ou de retenue (« je ne connais pas assez bien pour me lâcher »), ce qui explique ce calme apparent. Parfois, le bébé s’énerve au sein le soir, ce qui peut être une autre manifestation de cette décharge émotionnelle.

L’importance des neurones miroirs

Les bébés sont des éponges émotionnelles. Si la maman est épuisée, à fleur de peau, ou angoissée à l’idée que la crise du soir commence, son rythme cardiaque s’accélère et son tonus musculaire se raidit. Le bébé, collé contre elle, perçoit ces micro-signaux de danger via ses neurones miroirs et se met à pleurer par réaction. Le papa, arrivant souvent de l’extérieur avec une énergie différente, peut briser ce cercle vicieux involontaire.


Facteurs sensoriels : Pourquoi Papa apaise-t-il ?

Au-delà de la psychologie, il y a la biologie. La mère est une source de stimulation intense : odeur de lait, phéromones, voix aiguë associée à l’éveil ou au soin. Le père propose un environnement sensoriel différent qui peut favoriser l’apaisement.

Tableau comparatif des stimuli Mère vs Père

StimuliAvec MamanAvec Papa
OdeurLait, hormones, peau connue (peut déclencher envie de téter)Neutre ou différente (pas de rappel alimentaire)
VoixFréquences aiguës (stimulantes)Fréquences graves (vibrations apaisantes)
PortageSouvent face à face, englobantSouvent sur l’avant-bras, positions plus fermes
État émotionnelSouvent fatiguée par la journée de gardeSouvent « neuf » et disponible sur le moment

Comment gérer cette phase sans culpabiliser ?

Il est essentiel de ne pas laisser s’installer une rivalité inconsciente (« Tu vois, il préfère son père »). Le rôle du second parent est justement de prendre le relais quand la dyade mère-enfant est saturée. Passer le bébé au papa pour aller prendre une douche ou sortir marcher 15 minutes n’est pas un abandon, c’est un acte de soin nécessaire pour recharger vos batteries. Lorsque vous reviendrez apaisée, bébé le sentira, même si votre bébé tète toutes les heures.

L’avis de la psychologue périnatale

Je dis souvent aux mères : vous êtes le port d’attache. Les bateaux affrontent la tempête en mer, mais c’est au port qu’ils viennent réparer les dégâts. Votre bébé répare sa journée dans vos bras. C’est difficile à vivre pour une maman épuisée, mais c’est la preuve que votre lien est solide et sécurisant.

Conclusion : Patience et relais

Ce phénomène de rejet apparent est transitoire. Vers 3 ou 4 mois, l’enfant s’ouvre au monde, les coliques cessent et les interactions deviennent plus ludiques. En attendant, acceptez l’aide du papa sans culpabilité. Si bébé se calme avec lui, c’est tant mieux pour tout le monde : cela vous permet de souffler pour mieux revenir ensuite.


Foire Aux Questions (FAQ)

💔 Mon bébé m’aime-t-il moins que son père ?

Absolument pas. L’attachement ne se mesure pas aux pleurs. Vous restez sa figure principale de survie et d’amour. Le calme avec le père est souvent lié à la nouveauté ou à l’absence de stimuli alimentaires.

🤱 L’allaitement est-il en cause ?

Parfois, l’odeur du lait énerve un bébé fatigué qui ne veut pas manger mais dormir. Il sent le lait mais n’arrive pas à trouver le sommeil. Ce n’est pas une raison pour arrêter l’allaitement, mais une invitation à passer le relais pour l’endormissement.

📅 À quel âge cette phase se termine-t-elle ?

Généralement, dès que l’angoisse du soir (les fameuses coliques et pleurs de décharge) diminue, soit vers 3 mois. L’enfant commence alors à communiquer par le sourire et le jeu, rééquilibrant les échanges.

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