La grossesse est souvent idéalisée comme un moment de fusion et de partage au sein du couple. Pourtant, la réalité est parfois bien plus solitaire. De nombreuses futures mamans ressentent un décalage douloureux : alors qu’elles vivent un bouleversement physique et émotionnel intense, leur conjoint semble distant, indifférent, voire absent. La phrase « mon mari ne me soutient pas pendant la grossesse » cache souvent une grande souffrance, mêlée de peur pour l’avenir de la famille. Est-ce du désamour ? Un déni de grossesse paternelle ? Ou simplement une incompréhension fondamentale des besoins de la femme enceinte ? Décryptage pour renouer le dialogue avant l’arrivée de bébé.
Les infos à retenir
- 🧠 Le décalage de réalité : La femme devient mère dès le test positif (physiquement). L’homme le devient souvent à l’accouchement ou à la première échographie. Ce temps de latence crée une incompréhension.
- 😨 La peur masquée : L’indifférence apparente cache souvent une angoisse massive chez l’homme (responsabilité financière, peur de ne pas être à la hauteur, peur de perdre sa liberté).
- 🗣️ Exprimer le besoin : Dire « tu ne me soutiens pas » est trop vague. Il faut formuler des demandes concrètes : « J’ai besoin que tu viennes aux échos », « J’ai besoin d’aide pour le ménage car je suis fatiguée ».
- 🤰 La Couvade : Certains hommes manifestent leur stress par des symptômes physiques ou une fuite dans le travail/les loisirs, ce qui est perçu comme un abandon.
Comprendre pourquoi il semble absent
Il est facile d’interpréter le manque d’implication comme un manque d’amour pour vous ou le bébé. Pourtant, la psychologie masculine face à la grossesse est complexe.
Pour la femme, la grossesse est une réalité de chaque seconde (nausées, corps qui change, mouvements). Pour l’homme, c’est un concept abstrait pendant de longs mois. Il ne ressent rien dans sa chair. Tant que le ventre n’est pas énorme ou que le bébé n’est pas là, il a du mal à concrétiser l’événement.
Ce manque de soutien peut aussi être un mécanisme de défense. Face à la responsabilité écrasante de devenir père (« pourvoyeur », protecteur), certains hommes se réfugient dans le déni ou surinvestissent leur vie sociale et professionnelle avant que « le piège se referme ». Ce n’est pas contre vous, c’est une panique intérieure mal gérée.
Le syndrome de l’homme « spectateur »
Dans le suivi médical moderne, l’homme est souvent relégué au rang de spectateur. On parle à la mère, on examine la mère. S’il ne trouve pas sa place, il peut se désinvestir pour ne pas gêner ou parce qu’il se sent inutile. C’est un cercle vicieux : moins il s’implique, plus vous lui reprochez, plus il s’éloigne.
Les signes d’un manque de soutien toxique
Il faut distinguer la maladresse masculine du désintérêt toxique.
- Maladresse (réparable) : Il ne pose pas de questions sur vos rendez-vous, il ne touche pas votre ventre spontanément, il râle un peu si vous êtes fatiguée mais il est là pour les choses importantes.
- Toxicité (Alerte) : Il minimise vos douleurs (« tu fais du cinéma »), il continue de vivre comme un célibataire sans aucune concession, il refuse d’acheter le matériel pour bébé, ou pire, il devient agressif ou infidèle. Dans ce cas, le problème dépasse la grossesse et remet en question la viabilité du couple parental.

Comment réactiver le lien et le soutien ?
Attendre qu’il devine vos besoins est la pire stratégie. Les hormones vous rendent hypersensible, et lui reste pragmatique.
- Concrétiser la paternité : Impliquez-le dans le concret. Ne lui demandez pas « comment tu te sens ? », mais demandez-lui de monter le lit, de choisir la poussette ou de sentir un coup de pied précis. L’action aide l’homme à se projeter.
- La communication non-violente : Au lieu d’accuser (« Tu ne fais rien »), exprimez votre vulnérabilité (« Je me sens seule et j’ai peur, j’ai besoin de ton épaule »). Cela déclenche l’instinct de protection plutôt que la défensive.
- L’haptonomie : Ces séances de préparation à l’accouchement sont centrées sur le père. Il apprend à toucher le ventre et à jouer avec le bébé. C’est souvent un déclic radical pour créer le lien affectif manquant.
L’avis de l’expert : Psychologue périnatale
« La grossesse est la première crise de maturation du couple. Il ne faut pas hésiter à consulter si le fossé se creuse. Parfois, une seule séance permet au futur papa d’avouer qu’il est terrifié à l’idée de ne pas savoir s’occuper d’un bébé ou qu’il a peur que sa femme ne soit plus qu’une mère. Une fois ces peurs dites, le soutien revient naturellement. »
Préparer l’après
Si le soutien reste minime malgré vos efforts, préparez votre « village ». Ne restez pas isolée. Sollicitez votre mère, vos sœurs, vos amies pour vous accompagner aux rendez-vous ou préparer la chambre. Parfois, voir l’entourage s’activer fait réaliser au conjoint qu’il est en train de rater des moments précieux, créant un sursaut tardif mais salutaire à la naissance.
Foire Aux Questions (FAQ)
😔 Est-ce que le bébé ressent ma tristesse ?
Le fœtus perçoit les hormones de stress (cortisol) de sa mère. Une tristesse passagère est sans gravité, mais une dépression prénatale intense doit être prise en charge pour le bien-être de la mère et du bébé. Parlez-en à votre sage-femme.
🏃 Il sort tout le temps, est-ce normal ?
C’est un classique syndrome de « fin de vie de garçon ». Il profite de ses derniers instants de liberté totale. C’est agaçant mais fréquent. Il faut négocier des limites raisonnables sans l’enfermer, pour qu’il ne voie pas le bébé comme une prison.
💔 Dois-je le quitter enceinte ?
C’est une décision extrême. Sauf en cas de violence ou de maltraitance psychologique, il est souvent conseillé d’attendre la naissance. La rencontre avec l’enfant transforme beaucoup d’hommes. La dynamique changera forcément à l’arrivée du bébé.







