Vous souffrez de douleurs articulaires, et votre médecin suspecte un rhumatisme inflammatoire. Mais les symptômes sont confus : vous avez mal au dos et au bassin (spondylarthrite), mais aussi aux mains et aux poignets (polyarthrite). Est-il possible de souffrir des deux ? La réponse est oui, bien que ce soit rare. On parle alors de syndrome de chevauchement (overlap syndrome).
Les infos à retenir
- ✅ Oui, c’est possible mais rare : Il est possible qu’un patient présente des symptômes des deux maladies. On parle de syndrome de chevauchement (overlap syndrome).
- 🔬 Un diagnostic difficile : Le diagnostic est complexe car les deux maladies peuvent avoir des symptômes similaires (douleurs aux talons, doigts « en saucisse »).
- 🧬 Spondylarthrite avec atteinte périphérique : Le cas le plus fréquent n’est pas d’avoir les « deux » maladies, mais d’avoir une spondylarthrite ankylosante qui, en plus de la colonne, affecte aussi les articulations périphériques (mains, genoux).
- 🩺 Le rhumatologue est le seul juge : Seul un MS-spécialiste-rhumatologue, à l’aide de l’imagerie (IRM) et de la biologie (HLA-B27, anticorps), peut poser un diagnostic précis.
Quelle est la différence fondamentale entre ces deux maladies ?
Même si les deux sont des rhumatismes inflammatoires auto-immuns, ils n’ont pas la même cible.
La Polyarthrite Rhumatoïde (PR)
C’est une maladie qui attaque principalement la membrane synoviale des petites articulations périphériques. Elle est typiquement symétrique (les deux poignets, les deux mains…). Le patient souffre de gonflements, de raideurs matinales intenses au niveau des mains, poignets et pieds. La colonne vertébrale est généralement épargnée (sauf le haut du cou).
La Spondylarthrite Ankylosante (SPA)
C’est une maladie qui attaque principalement les enthèses (les zones d’insertion des tendons et ligaments sur l’os). Sa cible N°1 est l’axe du corps : la colonne vertébrale (douleurs « en barre » dans le bas du dos) et les articulations sacro-iliaques (douleurs de fesses). Elle peut aussi toucher les talons (talalgies).
Qu’est-ce qu’un syndrome de chevauchement (Overlap) ?
La spondylarthrite n’est pas toujours « pure ». Dans 30 à 40% des cas, la spondylarthrite « axiale » (qui touche le dos) s’accompagne d’une « atteinte périphérique ». Le patient a donc bien une spondylarthrite, mais celle-ci provoque aussi des arthrites aux genoux, aux chevilles, ou plus rarement aux mains. Cela peut alors mimer une polyarthrite rhumatoïde et rendre le diagnostic difficile.
Le vrai « syndrome de chevauchement » (avoir les deux maladies distinctes en même temps) est beaucoup plus rare. Il est évoqué lorsque le patient présente à la fois tous les signes d’une SPA (atteinte du dos, sacro-iliaques à l’IRM, gène HLA-B27 positif…) ET tous les signes d’une PR (polyarthrite symétrique des mains, présence d’anticorps spécifiques comme les anti-CCP…).

Comment le médecin fait-il la différence ?
Le rhumatologue va mener une enquête complexe pour étiqueter la maladie, ce qui est crucial pour le choix du traitement.
| Examen | Ce qui oriente vers la Spondylarthrite (SPA) | Ce qui oriente vers la Polyarthrite (PR) |
|---|---|---|
| Prise de sang (Génétique) | Présence du gène HLA-B27 | Absence du gène HLA-B27 |
| Prise de sang (Anticorps) | Absence d’anticorps spécifiques | Présence du Facteur Rhumatoïde et/ou des Anti-CCP |
| Imagerie (IRM / Radio) | Inflammation des articulations sacro-iliaques et des vertèbres | Érosions des petites articulations des mains et des poignets |
L’avis du rhumatologue
« La question ‘Polyarthrite ou Spondylarthrite’ est centrale. Le cas le plus fréquent est une spondylarthrite qui touche aussi les articulations périphériques. Mais le vrai chevauchement existe. Ce sont des cas difficiles. Le diagnostic repose sur le ‘faisceau d’indices’. L’élément le plus discriminant pour moi, c’est la biologie : la présence des anticorps anti-CCP signe quasi-formellement une polyarthrite rhumatoïde, même si le patient a aussi mal au dos. »
Un diagnostic complexe pour un traitement ciblé
Avoir des douleurs dans le dos et dans les mains en même temps ne signifie pas forcément que vous avez les deux maladies. C’est le plus souvent le signe d’une spondylarthrite à forme « périphérique ». Dans tous les cas, ces symptômes ne doivent pas être pris à la légère. Seul un rhumatologue pourra poser le bon diagnostic et mettre en place le traitement (anti-inflammatoires, biothérapie) qui calmera l’inflammation et protégera vos articulations.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Les traitements sont-ils les mêmes pour les deux maladies ?
Ils sont de la même famille. Les deux maladies répondent bien aux anti-inflammatoires (AINS) et aux biothérapies (comme les anti-TNF alpha). Cependant, certains traitements de fond de la polyarthrite (comme le Méthotrexate) sont moins utilisés dans la spondylarthrite, d’où l’importance du bon diagnostic.
➡️ J’ai aussi du psoriasis, est-ce que ça aide au diagnostic ?
Oui, énormément. Le psoriasis est très fortement associé à la spondylarthrite. Si vous avez du psoriasis et des douleurs au dos et aux articulations, il s’agit très probablement d’un rhumatisme psoriasique, qui fait partie de la « famille » des spondylarthrites.
👨👩👧👦 Est-ce que c’est génétique ?
Il existe une forte prédisposition génétique pour les deux maladies. La présence du gène HLA-B27 augmente fortement le risque de développer une spondylarthrite ankylosante.







