Schéma explicatif d'un mastocyte libérant de l'histamine de manière excessive dans le cadre d'un SAMS.

SAMS en médecine : comprendre le Syndrome d’Activation Mastocytaire

Le terme SAMS est un acronyme médical qui gagne en visibilité, désignant le Syndrome d’Activation Mastocytaire Systémique (aussi appelé SAMA ou MCAS en anglais). Longtemps classé parmi les maladies rares ou psychosomatiques par erreur, le SAMS est aujourd’hui mieux identifié, notamment dans le contexte des suites de Covid long ou associé au syndrome d’Ehlers-Danlos (SED). Il s’agit d’une pathologie immunitaire complexe où les mastocytes, des cellules clés de notre défense, se déclenchent de manière anarchique et excessive.

Les infos à retenir

  • 🛡️ Le coupable : Le Mastocyte. C’est une cellule sentinelle du système immunitaire. Normalement, elle libère des médiateurs (histamine, tryptase) pour combattre une infection ou une allergie. Dans le SAMS, elle devient hyper-sensible.
  • 🔥 Les déclencheurs : Les crises ne sont pas de « vraies » allergies (IgE), mais des réactions à tout et n’importe quoi : stress, chaleur, odeurs, aliments riches en histamine, médicaments, frottements.
  • ➡️​ Les symptômes : Ils touchent plusieurs organes en même temps (peau qui gratte, ventre qui gonfle, cœur qui bat vite, brouillard mental).
  • 🧪 Le diagnostic : Il est difficile et repose souvent sur le dosage de la tryptase sanguine lors d’une crise et la réponse positive aux traitements anti-histaminiques.

Le mécanisme : une tempête chimique interne

Imaginez que vos mastocytes soient des gardes armés. Chez une personne saine, ils tirent (libèrent l’histamine) uniquement s’ils voient un ennemi (virus, allergène). Chez un patient SAMS, ces gardes ont la gâchette facile : ils tirent dès qu’il y a du vent, du bruit ou un mouvement.
Cette libération massive de médiateurs chimiques provoque une inflammation généralisée. L’histamine dilate les vaisseaux (rougeurs, hypotension), contracte les bronches (asthme) et irrite les nerfs (douleurs, démangeaisons). Ce n’est pas une allergie spécifique à la cacahuète ou au pollen, c’est une dérégulation globale du seuil d’activation.

Le tableau clinique : le « caméléon » médical

Le SAMS est déroutant car les symptômes varient d’un patient à l’autre et changent d’un jour à l’autre.
Les signes les plus fréquents (triade) sont :

  1. Cutanés : Flushs (visage rouge), urticaire, dermographisme (la peau marque si on la griffe).
  2. Digestifs : Douleurs abdominales, diarrhées impérieuses, reflux, intolérance à de nombreux aliments.
  3. Cardio-vasculaires : Tachycardie (POTS), malaises, hypotension brutale.
    S’ajoutent souvent une fatigue écrasante et des troubles cognitifs (« brouillard cérébral »).

La prise en charge thérapeutique

Il n’existe pas de guérison définitive, mais on peut stabiliser les mastocytes pour retrouver une qualité de vie.
Le traitement repose sur deux piliers :

  • L’éviction des déclencheurs : Régime pauvre en histamine (éviter fromages fermentés, charcuterie, alcool), gestion du stress, évitement des écarts de température.
  • Les médicaments : Une combinaison d’anti-histaminiques H1 (anti-allergie classique) et H2 (anti-acide gastrique) à haute dose, parfois associés à des stabilisateurs de mastocytes (cromoglicate de sodium) ou des anti-leucotriènes.

L’avis de l’interniste

« Le SAMS est une maladie réelle, pas psychologique. Le parcours diagnostic est long (moyenne de 7 ans). Si vous avez des symptômes ‘allergiques’ bizarres que les tests allergologiques classiques ne expliquent pas, parlez du SAMS à votre médecin. Tenir un journal des crises (ce que j’ai mangé/fait vs symptômes) est l’outil le plus précieux pour le diagnostic. »


Une maladie de l’hypersensibilité

Le SAMS transforme le corps en une forteresse assiégée par elle-même. La reconnaissance médicale de ce syndrome avance, permettant enfin aux patients d’être entendus et soulagés par des traitements ciblés sur la stabilisation immunitaire.


Foire Aux Questions (FAQ)

🩸 Quel test sanguin faire ?

Le marqueur clé est la tryptase. Idéalement, il faut faire une prise de sang pendant une crise (ou dans les 4h suivantes) et une autre au repos (état basal). Une augmentation significative de la tryptase pendant la crise est un critère diagnostic fort.

🧬 Est-ce lié au SED (Ehlers-Danlos) ?

Oui, il y a une comorbidité très fréquente. Beaucoup de patients atteints du Syndrome d’Ehlers-Danlos (hyperlaxité) souffrent également d’un SAMS. On parle souvent de la triade SED + SAMS + POTS (Tachycardie Posturale).

🦠 Le Covid Long est-il un SAMS ?

C’est une hypothèse sérieuse. De nombreux chercheurs pensent que le virus SARS-CoV-2 a pu « activer » durablement les mastocytes chez certains patients, expliquant la persistance des symptômes inflammatoires et la fatigue chronique du Covid Long.

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