Votre dentier ne tient plus aussi bien qu’avant ? Il bouge, blesse la gencive ou nécessite plus de colle ? Ce phénomène est souvent dû à la fonte de l’os de la mâchoire, un processus inéluctable après la perte des dents. En dentisterie, pour évaluer la gravité de cette perte osseuse et prévoir la stabilité d’une future prothèse, les chirurgiens-dentistes utilisent une échelle de référence : les zones de Schroeder (ou classification de Schroeder). Comprendre dans quelle classe vous vous situez permet de mieux appréhender les solutions prothétiques adaptées à votre cas.
Les infos à retenir
- 🦴 Définition : La classification de Schroeder évalue le degré d’atrophie (fonte) de l’os maxillaire ou mandibulaire chez le patient édenté.
- 📉 4 Stades : Elle se divise généralement en 4 classes, allant d’une crête osseuse bien formée (Classe I) à une atrophie sévère et plate (Classe IV).
- 🦷 Impact prothétique : Plus le stade Schroeder est élevé, moins la prothèse amovible (dentier) aura de « prise » naturelle pour tenir.
- 🔩 La solution implant : Pour les zones de Schroeder avancées (os plat), la pose d’implants est souvent la seule solution pour stabiliser l’appareil.
Qu’est-ce que la classification de Schroeder ?
Lorsqu’on retire une dent, l’os qui la soutenait (l’os alvéolaire) n’a plus de fonction mécanique. Le corps commence donc à le résorber. Cette atrophie modifie la forme de la mâchoire, transformant la « crête » osseuse saillante en une surface de plus en plus plate. La classification de Schroeder permet aux professionnels de santé de catégoriser cette anatomie résiduelle. C’est un outil de diagnostic essentiel pour prédire si un appareil complet tiendra par simple effet ventouse ou s’il faudra envisager des chirurgies pré-prothétiques. Pour certains, il peut également être nécessaire de changer leur prothèse pour assurer un ajustement optimal.
Les conséquences de l’atrophie
Une mâchoire classée en stade avancé de Schroeder pose deux problèmes majeurs :
- La rétention : L’appareil glisse car il n’y a plus de relief pour le caler latéralement.
- La douleur : La gencive s’amincit et se retrouve écrasée entre la résine dure de la prothèse et l’os pointu ou irrégulier restant, créant des blessures chroniques.
Détail des 4 Classes de Schroeder
Cette classification s’applique principalement au maxillaire (mâchoire du haut) et à la mandibule, bien que l’évolution soit différente sur les deux arcades. Voici un tableau synthétique pour comprendre l’évolution clinique.
| Classe Schroeder | État de la crête osseuse | Pronostic pour la prothèse |
|---|---|---|
| Classe I | Crête haute, large et bien définie. Le palais est profond. | 🟢 Excellent. La prothèse tient très bien naturellement. |
| Classe II | Résorption modérée. La crête est encore visible mais moins haute. | 🟡 Bon. La tenue est correcte, un rebasage régulier suffit. |
| Classe III | Résorption avancée. La crête est basse, parfois instable (crête flottante). | 🟠 Moyen. La prothèse bouge, nécessite de la colle ou des clips. |
| Classe IV | Atrophie sévère. L’os est plat ou en « cuvette » (négatif). Le palais est plat. | 🔴 Mauvais. Tenue impossible sans implants ou chirurgie. |
Le cas particulier de la mandibule (Bas)
La résorption est souvent plus dramatique en bas (mandibule). En classe IV de Schroeder mandibulaire, le nerf dentaire peut se retrouver à fleur de gencive, rendant le port d’un dentier extrêmement douloureux (sensations de décharges électriques).

Quelles solutions pour les zones atrophies ?
Si votre dentiste vous indique que vous êtes en « Classe 3 ou 4 de Schroeder », ne désespérez pas. La prothèse amovible classique n’est plus la seule option.
Le rebasage et la prothèse molle
Pour les stades intermédiaires, un rebasage (remplacement de la résine interne pour qu’elle épouse la nouvelle forme de l’os) peut redonner de la stabilité. On peut aussi utiliser des résines « souples » à l’intérieur pour amortir les chocs sur un os fragile.
L’implantologie comme recours ultime
Pour les atrophies sévères, l’implantologie est la solution reine.
- Prothèse clipsée (PACSI) : Deux implants suffisent souvent pour « clipper » l’appareil et l’empêcher de sauter.
- Greffe osseuse : Si l’os est trop fin (Schroeder IV), une greffe d’os (autogène ou synthétique) peut être nécessaire pour reconstruire du volume avant de placer des implants.
L’avis de l’expert : Prothésiste dentaire
« Beaucoup de patients pensent que leur appareil est ‘usé’ ou ‘mal fait’. En réalité, c’est souvent leur bouche qui a changé. On ne peut pas faire tenir une prothèse sur du plat, c’est de la physique. Quand on atteint les zones de Schroeder terminales, la colle ne sert plus à rien, il faut envisager de créer des piliers artificiels avec des implants. »
Conclusion : Anticiper pour mieux stabiliser
La classification de Schroeder n’est pas une fatalité, mais un indicateur. Elle rappelle l’importance de ne pas rester édenté trop longtemps sans appareil, car la pression d’une prothèse bien adaptée peut (dans une certaine mesure) limiter la fonte osseuse anarchique. Si vous sentez que votre confort diminue, consultez rapidement pour évaluer l’état de vos crêtes osseuses.
Foire Aux Questions (FAQ)
🦴 L’os repousse-t-il tout seul ?
Non, malheureusement. Une fois l’os alvéolaire perdu (résorbé), il ne se régénère pas naturellement. Seule une technique chirurgicale de greffe osseuse (comblement) peut recréer du volume.
⏳ À quelle vitesse passe-t-on de la classe I à IV ?
C’est très variable selon les individus (génétique, ostéoporose). La perte est très rapide les 6 premiers mois après l’extraction (jusqu’à 40% du volume), puis se stabilise à un rythme lent mais constant sur des années.
💰 La Sécu rembourse-t-elle les implants pour atrophie ?
Non, l’Assurance Maladie ne rembourse pas les implants dentaires, même en cas d’atrophie sévère (sauf cas très rares liés à des cancers ou maladies génétiques graves). C’est souvent un reste à charge important.







