Chirurgien-dentiste réalisant un détartrage ultrasonique pour éliminer le tartre noir au dos des dents du bas.

Tartre noir derrière les dents du bas : d’où vient-il et comment le limiter ?

Vous passez la langue derrière vos incisives du bas et vous sentez une surface rugueuse. Dans le miroir, une bordure jaunâtre, parfois brune ou carrément noire, s’est installée au ras de la gencive. Ce dépôt, c’est du tartre. Il est très fréquent, souvent indolore, et c’est justement pour cela qu’on le laisse traîner. Pourtant, sa couleur et son emplacement en disent long sur l’état de vos gencives. Voici ce qu’il faut comprendre, ce que vous pouvez faire vous-même et le moment où il faut passer la main au dentiste.

Pourquoi le tartre se loge surtout derrière les dents du bas

Le tartre n’est rien d’autre que de la plaque dentaire qui a durci. Cette plaque est un film collant fait de bactéries et de résidus alimentaires. Elle se reforme chaque jour, même avec un bon brossage. Si elle n’est pas retirée à temps, elle se charge en minéraux et se calcifie en quelques jours. Une fois dure, la brosse à dents ne suffit plus à l’enlever.

Ces minéraux viennent de la salive. Elle contient du calcium et des phosphates, qui se déposent sur la plaque. Or, deux canaux salivaires importants débouchent juste sous la langue, à quelques millimètres de la face interne des incisives du bas. Ces dents baignent donc en permanence dans une salive riche en minéraux.

C’est pour cette raison que le tartre apparaît d’abord à cet endroit, chez presque tout le monde. Le même phénomène existe sur la face externe des molaires du haut, près de l’ouverture des glandes parotides. Ces deux zones sont aussi les moins bien brossées : on les voit mal et on les atteint mal.

Tartre jaune, tartre noir : que signale la couleur ?

Tous les tartres ne se ressemblent pas. Leur couleur aide à comprendre où ils se trouvent et depuis combien de temps.

Le tartre jaune ou beige se forme au-dessus de la gencive. On parle de tartre supra-gingival. Il est visible, plutôt friable, et c’est le plus courant. Il peut foncer avec le temps sous l’effet du café, du thé, du vin rouge ou du tabac, qui le colorent comme une éponge.

Le tartre brun ou noir est souvent plus préoccupant. Il se forme fréquemment sous la gencive, dans le petit sillon qui entoure la dent. Sa teinte sombre vient en partie du sang : quand la gencive est enflammée, elle saigne un peu, et les pigments du sang se fixent dans le dépôt. Ce tartre est plus dur et plus adhérent. Surtout, il indique souvent une inflammation déjà installée.

À ne pas confondre avec les taches noires en fine ligne le long de la gencive, fréquentes chez l’enfant. Elles sont dues à certaines bactéries et ne sont pas du tartre. Elles sont sans gravité, mais un dentiste peut les retirer par un simple polissage.

Gros plan sur les dépôts de tartre sombre accumulés sur la face arrière des incisives inférieures.

Ce qui accélère la formation du tartre

Certaines personnes font du tartre en quelques semaines, d’autres presque jamais. Plusieurs facteurs expliquent ces écarts :

  • Une salive très minéralisée : c’est en partie génétique, et vous n’y pouvez pas grand-chose.
  • Le tabac : il favorise les dépôts, les colore en brun ou en noir et masque les saignements de gencive, ce qui retarde l’alerte.
  • Un brossage trop rapide : la plupart des gens se brossent les dents moins de deux minutes et oublient la face interne des dents du bas.
  • L’absence de nettoyage entre les dents : la plaque s’y accumule tranquillement, à l’abri de la brosse.
  • Une bouche sèche : certains médicaments ou une respiration par la bouche modifient la salive et favorisent les dépôts.
  • Des dents mal alignées : elles créent des recoins difficiles à nettoyer, notamment au niveau des incisives du bas.

Comment limiter le tartre au quotidien

Une chose est essentielle à comprendre : on prévient le tartre, on ne le dissout pas. Aucun dentifrice ni aucune astuce maison ne fait disparaître un dépôt déjà durci. En revanche, une bonne routine empêche la plaque de se calcifier.

Commencez par le brossage. Deux minutes, matin et soir, avec une brosse souple et un dentifrice fluoré. Pour la face interne des dents du bas, tenez la brosse à la verticale et faites de petits mouvements de bas en haut, dent par dent. Une brosse à dents électrique aide souvent à tenir la durée et à mieux couvrir ces zones.

Ajoutez ensuite le nettoyage interdentaire, une fois par jour, avec du fil dentaire ou des brossettes adaptées à vos espaces. C’est souvent le geste qui fait la plus grande différence. Un dentifrice dit « anti-tartre » peut compléter cette routine : il ralentit la minéralisation de la plaque, sans retirer le tartre déjà là.

Si vous êtes tenté par les kits de grattoirs ou les détartreurs à ultrasons vendus en ligne, lisez d’abord ce guide sur le détartrage dentaire à la maison. Il fait le point sur ce qu’on peut faire sans risque chez soi, et sur ce qu’il vaut mieux laisser au cabinet.

Enfin, limitez le grignotage et les boissons sucrées tout au long de la journée. Chaque prise nourrit les bactéries de la plaque et entretient leur activité.

Pourquoi il ne faut pas gratter soi-même

Le geste est tentant : un ongle, une pince à épiler, un cure-dent métallique… Mais gratter son tartre seul expose à plusieurs risques.

Vous pouvez blesser la gencive et provoquer un saignement ou une infection. Vous pouvez aussi rayer l’émail, ce qui crée des surfaces rugueuses où la plaque s’accroche encore plus vite. Et dans le pire des cas, vous repoussez le tartre sous la gencive au lieu de l’enlever, là où il fait le plus de dégâts.

Car le vrai danger du tartre n’est pas esthétique. Ses aspérités retiennent les bactéries contre la gencive. Cela entretient une gingivite (gencive rouge, gonflée, qui saigne au brossage). Si rien n’est fait, l’inflammation peut gagner l’os qui soutient la dent : c’est la parodontite, qui peut faire bouger puis perdre des dents.

Consultez sans tarder si vous remarquez :

  • des gencives qui saignent régulièrement ;
  • une gencive qui se rétracte et des dents qui paraissent plus longues ;
  • une mauvaise haleine persistante ;
  • une dent qui bouge ;
  • un tartre noir ou très épais au ras de la gencive.

Tous les combien faut-il faire un détartrage ?

Pour la plupart des adultes, un détartrage par an suffit, souvent lors du contrôle annuel. Votre dentiste peut en conseiller deux si vous fumez, si vous faites beaucoup de tartre ou si vos gencives sont fragiles. Après un traitement de parodontite, le suivi est encore plus rapproché.

Le geste est rapide et peu douloureux. Le praticien utilise un appareil à ultrasons qui fait éclater le tartre, puis polit les dents. Une légère sensibilité peut durer un jour ou deux.

Côté budget, le détartrage est pris en charge par l’Assurance Maladie. À ce jour, il est remboursé à 60 % sur la base d’un tarif conventionnel de 28,92 €. Votre complémentaire santé prend généralement le reste en charge.

Questions fréquentes

Le tartre peut-il partir tout seul ?

Non. Une fois calcifié, il reste accroché à la dent. Seul un détartrage chez le dentiste le retire complètement.

Le bicarbonate de soude enlève-t-il le tartre ?

Non. Il peut éclaircir certaines taches de surface, mais il ne dissout pas le tartre. Utilisé souvent, il risque même d’user l’émail.

Le tartre noir est-il grave ?

Pas forcément, mais il mérite un rendez-vous. Il se forme souvent sous la gencive et signale fréquemment une inflammation à traiter.

Pourquoi ai-je du tartre malgré un bon brossage ?

Votre salive est peut-être très riche en minéraux. Il est aussi possible que certaines zones, comme la face interne des incisives du bas, soient moins bien nettoyées que vous ne le pensez.

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